Accueil » Évènements » Participation de CAPDEMA aux JJM2009

Participation de CAPDEMA aux JJM2009

Le samedi 16 mai, CAPDEMA a été invitée à participer aux Journée de la Jeunesse Marocaine, deuxième édition, organisées par l’AMGE.

CAPDEMA a été représentée par la voix de son président, Anas Alaoui. Le thème de la conférence était « Quelle éducation pour quelle école ? », voici le texte qui a servi de base à son intervention.

L’école a pour fonction de transmettre et de construire des savoirs, mais elle a également pour mission de préparer l’adulte de demain à vivre en société, à vivre dans sa société. Outre des savoirs, je pense que l’école doit transmettre des valeurs et des normes de comportement, créer du lien social et surtout former des citoyens.

Cette formation du citoyen est de plus en plus souvent intégrée, sous une appellation ou une autre, dans les missions de l’École. Mais de quelle citoyenneté parlons-nous ?

Si le mot « citoyen» ne pose guère de problèmes de traduction, il ne revêt pas le même sens suivant les contextes et les acteurs. La citoyenneté ne se transmet pas par le seul discours, et le travail sur les comportements et les valeurs est une entreprise de longue haleine qui prend son sens pour des élèves à partir de ce qu’ils vivent au quotidien.

Une éducation citoyenne à mon sens aurait pour but de former à des concepts comme l’intérêt général, les droits de l’homme et du citoyen … etc par l’acquisition des principes et des valeurs qui fondent et organisent une société démocratique. Par exemple institutionnaliser l’élection des délégués de classe par un cérémonial qui marque le coup.

Par la connaissance des institutions et des lois, par la compréhension des règles de la vie sociale et politique. En pratique ça serait par exemple d’élaborer le règlement intérieur de la classe avec la participation des élèves.

Par l’apprentissage du sens des responsabilités individuelles et collectives. Il est de la responsabilité de chacun de maintenir sa table propre et il est de la responsabilité de tous d’instituer une bonne ambiance dans la classe.

Par l’apprentissage du jugement, notamment par l’exercice de l’esprit critique et par la pratique de l’argumentation. Quelle est ton opinion et pourquoi tu penses ainsi ?

La conception même du citoyen est empreinte d’histoire, de traditions politiques et de considérations sociales, et le rôle attendu de l’École est loin de faire l’objet d’un consensus. Autrement dit, si le terme « citoyen» est aisément traduisible, la réalité qu’il recouvre n’a de sens qu’en référence à un contexte social, politique et culturel propre à notre pays. Mais nous connaissons bien l’histoire de notre pays et sa situation sociale (pauvreté, analphabétisme, sous-développement… etc), alors est ce que cela veut dire qu’il faudrait se contenter d’une citoyenneté au rabais ? ou bien transposer les modèles existants même si cela peut créer des tensions au sein de notre société même ? ou peut-être y a-t-il une troisième voie moyenne ? je ne le sais pas mais un débat doit avoir lieu et un choix doit être fait.

Et c’est l’une des raisons pour lesquelles le débat sur l’école doit être un débat de société. Il faut que les réformes, les missions et les moyens dont disposent l’école soient débattus par les citoyens et ainsi faire sortir ce débat des cercles d’initiés et de technocrates. Après tout, c’est de de la vie nos petites sœurs et petits frères et même de nos futurs enfants qu’il s’agit.

Par ailleurs, même si l’école est un acteur majeur dans la formation du citoyen, elle est loin de se trouver en situation de monopole car il ne faut pas oublier le rôle d’autres acteurs tels que les ONG, la société civile, les médias, la communauté locale, la famille, etc. Ces acteurs doivent également rentrer dans le jeu et s’impliquer plus activement dans la formation de l’élève,  futur-citoyen.

Alors à la lumière de ce que je viens d’évoquer, peut-on dire si notre école est prête à inculquer ces valeurs de citoyenneté ? peut-on dire si notre école est prête à inculquer des valeurs basiques qui en découlent comme le travail et la méritocratie ?

A-t-elle les moyens humains et matériels pour atteindre cet objectif surtout lorsqu’on connaît la situation terrible des instituteurs et professeurs, une communauté professionnelle de plus en plus paupérisée ?

Quelles réformes doivent être menées et par qui ?

Enfin a-t-on tiré les leçons des échecs de notre éducation et est-ce que les différents responsables (politiques, technocrates, communauté éducative) sont prêts à mener des réformes courageuses sans surenchères politiques ou populistes ?

A propos de CAPDEMA

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Revenir en haut de la page
Birthday