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Mohamed « Fqih » Basri

(Demnate, 1930 –Chefchaouen 14/10/2003) est un ancien résistant, membre dirigeant de l’Armée de Libération Nationale, opposant exilé et politique marocain.

Il rejoint l’Université Ibn Youssef à Marrakech après avoir fait des études à l’école coranique, aux côtés d’Abdellah Ibrahim, Mohamed Bensaïd Aït Idder et Abdelsslam Yassine. Son engagement au parti de l’Istiqlal dès 1944, font de lui un résistant opiniâtre au protectorat français, et particulièrement face au Pacha de la région de Marrakech et du Grand Atlas, Thami Glaoui. Il sera régulièrement arrêté, emprisonné et torturé. A cette époque, ses contemporains le décrivent comme timide, réservé, un homme de secrets.

 

Entre 1954 et 1955, il est emprisonné, et arrive à organiser une évasion collective de la prison de Kénitra, et fait partie des fondateurs de ce qui sera dès 1957 l’Armée de Libération Marocaine au Sud (ALM-Sud). Parallèlement, il est au coeur des dissensions qui opposent l’aile conservatrice de l’Istiqlal et son camp progressiste, luttes qui aboutissent en 1959 à la scission de l’Union Nationale des Forces populaires, dont il contrôle le nouveau quotidien, Attahrir (‘Libération’). A partir de 1958, et suite à la dispersion de l’ALM-Sud, il entre en conflit ouvert avec le prince héritier et futur roi Hassan II (ce qui lui vaut une arrestation en 1960, puis en 1963 sous le prétexte d’un complot contre la monarchie).

 

Cette lutte pour le pouvoir l’oblige à s’exiler, puis à se rapprocher, dès 1966, des régimes nasséristes d’Egypte, de Syrie et d’Irak afin de le doter des ressources suffisantes pour renverser le régime. Il met sur pied une organisation secrète (Le « Tanzim ») qui attire très tôt des jeunes militants de l’UNFP, des anciens de l’ALM-Sud insatisfaits de leur intégration dans les Forces Armées Royales et l’administration publique. Le Tanzim établit des camps d’entraînement en Libye, en Algérie, et Syrie (tout en bénéficiant du soutien logistique des pays du bloc de l’Est). Entre 1969 et 19733, il n’aura cessé d’organiser des opérations commandos d’incursion dans le territoire marocain afin d’établir une insurrection contre le régime. Ses tentatives échoueront pour plusieurs raisons, notamment à cause de son détachement par rapport à la planification de ces actions, ainsi que des liens troubles qu’il aura entretenu avec nombre de services de renseignements libyens et algériens. De plus, il aura échoué à apprécier le niveau d’infiltration de son organisation par les informateurs des services de sécurité marocains (cette infiltration allait dans les deux sens, M. Basri avait aussi des contacts dans ces administrations, jusque dans les hauts cercles des FAR).

 

En 1973, le Tanzim monte une opération ambitieuse avec des « cellules dormantes » de l’UNFP afin d’organiser une insurrection rurale –puis urbaine- en attaquant des casernes comme celles de Moulay Bouazza, et en minant le Théâtre Mohamed V à Casablanca (notamment la loge royale). L’opération échoue lamentablement, échec partiellement imputé à l’ambiguïté du personnage et sa défiance des membres de l’organisation sur le terrain, qu’il abandonne à leur sort (exécution, condamnation à perpétuité, etc…)

Chef d’un Tanzim fantôme, il continue malgré tout d’essayer de lever des fonds pour renverser le régime, mais y échoue définitivement. Dès le début des années 1990, des négociations secrètes –par l’entremise de l’USFP- sont engagées pour convenir d’un pardon et d’un retour au Maroc, ce qui sera le cas dès Juin 1995.

Il essaie de reprendre la main à l’USFP –ou nombre de ses anciens camarades, comme Abderhamane Youssoufi- supportent de moins en moins sa version sélective de l’histoire et des conflits d’égo finissent de le marginaliser complètement du champ politique marocain.

 


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