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Mehdi Benbarka

Mehdi Ben Barka, Né à Rabat Janvier 1920, Enlevé à Paris, le 29 Octobre 1965, vraisemblablement mort assassiné dans les jours qui ont suivi.

Fils d’un épicier de Rabat, il commence à fréquenter l’école primaire avec son frère et très tôt,

il se distingue par un intérêt marqué pour les mathématiques, ainsi que sa précocité pour la chose politique, où un nationaliste de la vieille école, Aboubaker Kadiri, le repère et l’intègre à ce qui est appelé ‘الطائفة’ une sorte de cercle secret de jeunes nationalistes (plus tard Istiqlalien)

Il est recommandé au Résident-Général Noguès pour préparer le concours d’entrée à l’école Polytechnique, mais la Second guerre Mondiale (et l’occupation de la France) l’oblige à étudier plutôt en Algérie, où il obtient une licence en mathématiques.

Il devient par la suite professeur au collège impérial en 1942, et y enseigne les mathématiques au Prince Héritier Moulay Hassan, et du fait de la proximité d’âge (7 ans de différence seulement) une certaine complicité[1], et une éducation extra pédagogique dont le futur roi Hassan II bénéficiera de son propre aveu[2].

En Janvier 1944, il sera le plus jeune signataire du manifeste pour l’indépendance présenté par le Parti de l’Istiqlal à la Résidence et au Sultan Moulay Youssef.

Mehdi Benbarka

Ses talents d’organisateurs, ainsi que son attachement à la cause nationaliste, font de lui un des dirigeants effectifs du Parti, alors que ses chefs historiques sont soit arrêtés, soit en exil. C’est à partir de ce moment que les autorités de la résidence se rendent compte du danger qu’il représente pour le protectorat français.

Dès 1947 il est arrêté avec d’autres dirigeants de l’Istiqlal, puis exilé au Sud (notamment à Ksar-Es-souk), où il apprend activement les dialectes amazighs locaux, et parfait ses connaissances en histoire, sociologie, philosophie, etc…

En 1955, il fait partie de la délégation qui négocie, à Aix-Les-Bains, les modalités de transmission de souveraineté au Maroc indépendant.

A l’indépendance, il devient Président de l’Assemblée Nationale Consultative, sorte de Parlement Pré-constitutionnel, et par la même occasion s’engage dans une myriade de projets destinées à mobiliser et unifier le peuple marocain, comme le projet de la route d’unité (tronçon de route reliant les deux anciennes zones françaises et espagnoles) dont il est l’initiateur.

Ses activités institutionnelles ne l’empêchent pas de mener, avec d’autres membres dirigeants, une lutte au sein de l’Istiqlal pour pousser vers une vision plus progressiste, tout en essayant autant que possible de maintenir (et non de soumettre à l’autorité de l’Istiqlal[3][4]) l’autonomie de l’ALM par rapport à la monarchie.  Cette double opposition à l’aile conservatrice du parti, ainsi que la dégradation sensible de la relation qu’il entretient avec le Prince héritier le fera participer à la scission de l’UNFP, et qui l’obligera plus tard à quitter le Maroc.

Son engagement dans le grand mouvement des non-alignés font qu’il se retrouve très tôt à la tête de la Tricontinentale (Afrique, Asie et Amérique du Sud) des peuples du tiers-monde nouvellement indépendant.  Il rentre au Maroc en 1962 et pour l’élection législative de 1963, où il se fait élire, malgré les constatations de fraude électorale à son encontre, élu de la circonscription de Rabat-Yacoub Al-Mansour.

Cependant, et du fait de son opposition à la Guerre des Sables la même année, et pour échapper à l’arrestation, il est obligé de s’exiler une nouvelle fois.

C’est devant la Brasserie Lipp qu’il sera enlevé par des malfrats français se faisant passer par la police française. On ne le reverra plus jamais, et bien qu’il y ait spéculation sur la manière dont il a été assassiné, il est établit qu’il a été assassiné dans les jours suivants sa prétendue arrestation. Les individus mêlés à l’enlèvement et l’assassinat sont pour la plupart tous morts avant de témoigner sur la question.


[1] ‘Mehdi Benbarka, L’équation Marocaine’, Documentaire réalisé par Simone Bitton

[2] ‘Mémoire d’Un Roi’, Entretiens de Hassan II avec Eric Laurent, Ed. Plon

[3] ‘Le Défi’ Hassan II, Ed. Albin Michel

[4] ‘Hassan II, entre Tradition et Absolutisme’ Ignace Dalle, Ed. Fayard

 

2 commentaires

  1. Selon la source n°3 (‘Le Défi’Hassan II), Ben Barka a essayé de maintenir l’autonomie de l’ALM par rapport à la monarchie. Cela me laisse sceptique d’autant plus que ce même Hassan II déclare dans ses mémoires (‘Mémoire d’Un Roi’) -que vous citez en source n°2- le contraire à ce sujet. Il affirme en substance que Ben Barka souhaitait récupérer ce qui restait de l’ALM afin d’en faire le bras armé de l’UNFP et allait même jusqu’à suggérer que Mehdi était partie prenante dans la mort malencontreuse de Abbas Messadi.
    j

  2. Hassan II avait l’habitude de raconter tout et son contraire. Le laps de temps entre les deux ouvrages lui a permis de remodeler l’histoire à son goût.

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