Accueil » Edmond Amran El Maleh

Edmond Amran El Maleh

Edmond Amran El Maleh est né en 1917 à Safi (Maroc), au sein d’une famille juive originaire d’Essaouira. Responsable du Parti Communiste Marocain, alors clandestin, il milite pour l’indépendance nationale du Maroc. Il cesse toutefois toute activité politique en 1965, l’année où s’impose la dictature d’Hassan II, et quitte le Maroc.

El Maleh devient alors professeur de philosophie et journaliste à Paris. À partir de 1980, à 63 ans, il se met à écrire une série de romans et un recueil de nouvelles. Ses écrits sont imprégnés d’une mémoire juive et arabe qui célèbre la symbiose culturelle d’un Maroc arabe, berbère et juif.

« Écrivant en français, je savais que je n’écrivais pas en français. Il y avait cette singulière greffe d’une langue sur l’autre, ma langue maternelle l’arabe, ce feu intérieur. » Edmond Amran el-Maleh, Le Magazine littéraire, mars 1999.

Edmond Amran El Maleh était une figure emblématique du monde culturel marocain. De celui de Rabat, en particulier, où il ne laissait jamais passer une activité littéraire ou plastique sans la marquer par sa présence et, parfois même, par son intervention aussi riche qu’éloquente. Beaucoup d’artistes plasticiens de renom ou de grands écrivains marocains ont eu l’honneur d’être présentés dans leurs catalogues ou préfacés dans leurs livres par le regretté Edmond Amran El Maleh. Son décès, à Rabat, a affecté profondément tous ceux qui l’ont côtoyé de très près, car c’était un homme unique, possédant de multiples qualités humaines. Et comme l’a affirmé l’écrivain espagnol Juan Goytisolo : « Edmond était un témoin exceptionnel de l’histoire contemporaine du Maroc ». D’ailleurs, il l’a toujours démontré par sa présence effective et son fort engagement dans les grands moments de l’histoire du Royaume à travers ses écrits ou ses discours enrichissants, mettant en exergue son patriotisme et son attachement aux valeurs de citoyenneté.

Juan Goytisolo souligne, aussi, à la mémoire du défunt que « la production littéraire d’El Maleh illustre la valeur intellectuelle du défunt et ses qualités humaines, ainsi que la richesse culturelle du Maroc, faisant observer que le lecteur marocain était au centre des priorités d’Edmond Amran El Maleh ». En effet, imprégné fortement de la culture marocaine, les écrits du défunt mettent toujours en relief les préoccupations du citoyen marocain, dont il défendait les droits avec force et abnégation sans jamais baisser les bras. Fier de sa marocanité, le regretté Edmond ne ratait aucune occasion pour le démontrer. Ses obsèques émouvantes furent un témoignage incontestable de ce lien fort avec ses compatriotes marocains qui reconnaissent tous son apport considérable sur le plan littéraire et artistique en sa qualité d’intellectuel engagé, d’un fervent chercheur et critique qui n’a jamais failli à sa fonction de pédagogue averti.

Selon le poète Salah El Ouadie, « Edmond Amran El Maleh représente l’exemple parfait de la symbiose de la personnalité marocaine dans toutes ses dimensions civilisationnelles, culturelles, linguistiques et cultuelles. Il a su incarner cette personnalité dans son vécu quotidien ». Reflétant le meilleur exemple de coexistence et de cohabitation entre juifs et musulman, comme l’a souligné également Leila Chahid, déléguée de la Palestine auprès de l’Union européenne, ajoutant que « son patriotisme commençait au Maroc et arrivait jusqu’en Palestine. Ses écrits constituent un patrimoine réel qui relate une période du Maroc de la paix et de la tolérance ». En effet, ce grand penseur a toujours montré dans ses nombreux écrits que le Maroc était une terre d’accueil par excellence où toutes les religions pouvaient vivre ensemble sans aucun problème.

Ses obsèques, à Essaouira, ont réuni de nombreuses personnalités du monde politique, culturel et artistique qui ont toutes attesté de la grandeur de cet homme, de sa loyauté et sa fidélité à son pays, le Maroc. Son précieux apport et sa pensée resteront à jamais gravés dans l’histoire contemporaine marocaine qui reconnaît l’intégrité et la tolérance de ce génie fort de ses convictions et sa défense des causes justes. Ce dernier hommage qui lui a été rendu n’était qu’un acte de justice envers sa personne pour son apport intellectuel.

Parmi ses œuvres

  • Parcours immobile (1980)
  • Aïlen ou la nuit du récit (1983)
  • Jean Genet, Le Captif amoureux et autres essais (1988) 
  • Mille ans, un jour (1990)
  • Le Retour d’Abou El Haki (1990)
  • Abner Abounour (1995)
  • La malle de Sidi Maâchou (1998)
  • Le café bleu. Zrirek (1999)
  • Une femme, une mère (2004)
  • Lettres à moi-même (2010)

Les commentaires sont fermés.

Revenir en haut de la page
Birthday