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Démocafés CAPDEMA 1er octobre – Les élections législatives de novembre 2011

COMPTE RENDU- Démocafés CAPDEMA 1er octobre

SUJET : Les élections législatives de novembre 2011

 

Six Démocafés furent organisés le 1er octobre dans six villes différentes: Rabat, Paris, Nice, Lyon, Ifrane et Montréal (dans ces deux dernières villes, à l’initiative des « amis de CAPDEMA »).

Hormis Bruxelles, où un Démocafé était également prévu mais annulé à la dernière minute en raison de contraintes logistiques, l’événement semble avoir été une réussite de l’avis des participants.

Deux documents de travail rédigés par des membres de CAPDEMA ont été présentés à Rabat et Paris. Il s’agit de :

Les discussions se sont globalement orientées autour de trois axes :

  1. La responsabilité de l’Etat et du ministère de l’intérieur dans la fixation et l’application des règles du jeu électoral.

  2. L’opportunité de voter ou de boycotter les élections.

  3. Les scénarios probables

1/ La responsabilité de l’Etat et du ministère de l’intérieur dans la fixation et l’application des règles du jeu électoral.

Le débat a porté sur :

les modalités du découpage électoral, sa pertinence et son rôle crucial dans les résultats futurs. Nous pouvons considérer qu’il y a unanimité autour de la nécessité de modifier les critères de découpage pour avoir un scrutin plus équitable pour les partis politiques. Il est convenu par tous que le ministère de l’intérieur reste le maître en dernier ressort des résultats du scrutin grâce au découpage.

L’idée de mettre en place de plus grandes circonscriptions afin de limiter l’asymétrie dans les résultats entre le nombre de voix et le nombre de sièges au parlement a été évoquée avec force à Rabat. Autre proposition : faire une seule circonscription nationale, mais pour une autre raison cette fois : limiter l’achat de voix qui reste une pratique assez répandue en zones rurales et périurbaines. Cette idée a semblé séduire d’autant plus que le découpage évoqué précédemment profite davantage à ces mêmes zones au détriment des zones urbaines où des partis dit « intègres » ou en tout cas où les partis « cocotte minute » sont moins présents. L’inconvénient de cette proposition est que la représentativité des élus en pâtit. Cela n’augure pas une bonne chose pour un pays dépolitisé tel que le Maroc, dans lequel la pratique démocratique doit être renforcée par le biais entre autres de la proximité de l’électeur avec son élu.

Il a été rappelé que le mode de scrutin actuel conduit à la balkanisation du parlement ce qui oblige les partis à former des coalitions très hétérogènes pour avoir une majorité. Cela empêche l’émergence d’une majorité claire et cohérente avec ses principes et idées.

La liste nationale des jeunes et des femmes. A Nice, on s’est posé la question de savoir comment allaient être choisi et qui étaient ces jeunes et ces femmes qui seront sur la liste nationale. Certains personnalités ont ainsi été qualifiés d’indésirables.

Il est à noter que le débat à Montréal s’est focalisé en première partie sur le mouvement du 20FEV, sa raison d’être et les modalités de son action, ce qui dénote des difficultés du mouvement en termes de communication puisque les mêmes arguments utilisés au début au Maroc ou ailleurs pour justifier de l’impertinence de ce mouvement semblent toujours avoir cours.

2/ L’opportunité de voter ou de boycotter les élections.

A Rabat, les participants ont semblé davantage enclins au boycott du fait de l’existence de règles du jeu biaisées comme susmentionné et de l’existence d’institutions non-viables où le combat démocratique semble perdu d’avance. Toutefois, l’idée centrale qui ressort des débats est que si la position du boycott doit se faire, ce doit être avec certaines conditions. Elle doit s’accompagner de propositions et d’un apport d’alternative et de renouveau. En effet, les partis qui boycottent se voient attribuer une image de contestataire systématique qu’ils doivent combattre pour gagner davantage d’adhésion citoyenne.

A Paris par contre, la tendance générale encourage le vote mais un certain scepticisme semble poindre du fait de la non-comptabilisation des votes blancs. Le boycott semble être une position contre-productive pour les participants car la « politique de la chaise vide » ne fait qu’accroître la distance entre le citoyen et le politique et à pour conséquence de laisser la place aux représentants des partis de l’administration. A ce sujet d’ailleurs, il a été souligné que la récente coalition de ces mêmes partis (PAM RNI UC MP) et 4 autres groupuscules hétéroclites au sein du G8 sera éphémère, formée dans une optique clientéliste et en vue uniquement de gagner les prochaines élections. Il a toutefois aussi été dit qu’elle contribue à la rationalisation du champ politique marocain et que cela oblige la Koutla à se positionner, notamment vis-à-vis du PJD.

Certains relèvent l’idée que le boycott est stratégique de la part des partis qui y ont opté car ne pouvant décrocher un nombre satisfaisant de sièges.

A Ifrane, les positions se départagent nettement en faveur de ceux qui voteront aux élections. Beaucoup d’entre ceux-ci ont toutefois précisé qu’ils se donnent  une dernière chance et veulent croire en la possibilité de changement.

 

A Nice, la question de l’opportunité d’une alliance PJD/Koutla pour contrecarrer les partis du makhzen a été soulevée. Cependant, cela participerait à ajouter au caractère hétéroclite de la Koutla, et lui prêter les mêmes travers qu’à l’alliance des huit.

A Lyon, après que la majorité ait rappelé le nécessaire renouvellement de la classe politique, il y eut consensus autour de la nécessité de voter pour contrer le G8. Les participants considèrent qu’il y a une palette de partis de sensibilité assez différente (PJD, USFP,…) qui permettrait à chacun de trouver le parti qui correspond le mieux à ses convictions. Le piège selon eux c’est de faire le jeu du makhzen en chargeant indistinctement tous les partis.

Certains niçois déplorent le fait que le PSU ait boycotté car indépendamment des références idéologiques des uns et des autres, les votes de beaucoup de ses électeurs se reporteront sur le PJD du fait tout simplement de la réputation d’intégrité de ses élus.

Cela est éclairant quand à la position de beaucoup de gens sur le sujet, à savoir que le champ politique marocain est vu comme divisé entre « partis honnêtes Vs partis corrompus ».

3/ Les scénarios probables

A Rabat, le débat a été enrichi par des suggestions de considérer la politique hors des sentiers battus actuels. Les élections législatives ne sont pas le seul tremplin de la démocratie. Le Maroc a plus de chance car on peut renforcer les alliances entre les mouvements et les forces de proposition pour utiliser des acquis déjà existant.

En effet, grâce au 20 février et aux réseaux d’associations, on a pu identifier le besoin de proposer des projets et de faire des campagnes de sensibilisation massives. Il existe un réel besoin de coordination et de rassemblement des mouvements et associations.

Ifrane s’est le plus projeté dans le futur pour essayer de décrypter quelles seraient les évolutions possibles et les contours du paysage politique marocain. La majorité des participants ne s’opposent pas à la montée des islamistes au pouvoir. Que le PJD soit au gouvernement c’est autant un test pour lui qu’une véritable alternance.

La crainte qui ressort est que du fait de la balkanisation du paysage politique, le scenario probable soit celui d’un gouvernement et d’une opposition, fragmentés et affaiblis par les coalitions, qui ne jouent pas leurs rôles respectifs.

Beaucoup de participants se sont dit favorables à un gouvernement PJD-PI-USFP-PPS plutôt que les partis de l’administration. Un gouvernement RNI/PAM a été caractérisé de catastrophique dans un contexte où les élections sont un test pour le changement.

A Paris certains considèrent que la prochaine échéance n’est pas un enjeu majeur et parient sur la renaissance du 20FEV dans les mois à venir avec la multiplication des crises sociales car les pires défis arrivent avec les difficultés budgétaires de l’Etat.

A l’issue de la rencontre de Rabat, une très large majorité des voix s’est prononcé pour le sujet du prochain Démocafé. Il s’agit du « programme des partis politiques ».

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