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Compte rendu du démocafé Rabat : « Les élections législatives anticipées : enjeux et perspectives »

Date : 05/08/2011
Revue de Presse (disponible ici) : Mehdi Qoq 
Présentation du projet du code électoral : Ghali Bensouda

Présentation du projet du code électoral

Le code électoral est un élément important pour assurer la transparence des élections, notamment par rapport aux problèmes de corruption des élus et au phénomène des notables (80.000 électeurs pour un député à Casablanca # 36.OOO électeurs pour un député à la campagne).

Le ministère de l’intérieur a mis à disposition le projet aux partis politiques seulement (le refusant à des citoyens l’ayant réclamé) :

  • Suppression de la carte d’électeur (augmentation du nombre d’électeurs de 13 millions à plus de 20 millions)
  • Rationalisation du découpage électoral
  • Assainissement de la campagne : intervention de la cour des comptes pour fixer des budgets
  • Intégration des jeunes et des femmes dans les listes nationales (cf. récentes polémiques féministes)
  • Transparence du processus électoral : le CNDH va examiner les demandes par le biais de 4000 observateurs sur tout le pays qui auront un droit de regard

Débat

Les élections anticipés : premier pas vers la démocratie au Maroc ?

I : Je n’ai jamais voté et je ne voterai jamais. Les élections ont un sens dans un contexte démocratique. Elles servent à sanctionner un gouvernement sur l’application d’un programme. El Fassi n’a appliqué aucun programme. Pourquoi organiser des élections alors que le roi préside le conseil des ministres ?

I : La date du 7 Octobre n’est pas officielle. Non seulement, les partis doivent disposer de 45 jours et certains partis menacent de se retirer du jeu électoral si ces élections sont maintenues à cette date (PJD)

I : Le vote sert à permettre à une opposition d’accéder au gouvernement. Il faut propager nos idées et porter notre voix au parlement. Par ailleurs, si le premier ministre est fort comme l’était Yousfi, les ministres peuvent être une force de proposition. Le vote est toujours utile.

I : Le jeu démocratique, ce sont les élections. Pour être démocratique, le vote est un devoir afin de sanctionner les gens au pouvoir (ex : élections mi-mandat Obama).

I : Aujourd’hui, le Maroc est dans une phase de rupture. Aujourd’hui, nous aurons une campagne transparente, nous connaitrons les programmes à l’avance. Cette rupture responsabilisera les partis.

I : Le vote est important lorsque le gouvernement peut passer en force si le roi bloque un projet. Seulement, ce n’est pas le cas. Par ailleurs, une sanction vient après un bilan. Lorsque le gouvernement n’est là que pour exécuter le programme du roi…

I : Les élections sont un outil de l’ensemble de valeurs qu’est la démocratie. Au Maroc, cet outil ne fonctionne pas (pas de programmes, corruption, nomination de ministres apartides, créations d’institutions hors gouvernement). Les élections sont un moyen de changement du système de l’intérieur, or cela fait 50 ans que c’est le cas. La participation à ces élections n’est donc clairement pas une participation à la démocratie.

I : Il y a deux manières d’interpréter le texte gouvernemental : un interprétation soultawiya ou progressiste. Il faut espérer un chef de gouvernement fort. Quel homme pourrait remplir ce poste ?

I : Il y a deux sortes de perversions dans notre système électif : (1) En tant que votant unique, nous ne valons rien (Problème citadin / campagnards), (2) Il n’y a pas de système de majorité parlementaire (le gouvernement comporte des gens différents).

Faut-il voter ou boycotter lors des prochaines élections ?

I : Les partis démocrates doivent boycotter les élections. Les jeunes des partis doivent pousser les vieux dehors.

I : Malgré les bouleversements qu’ont connus les partis politiques au sein de leurs jeunesses (ex : USFP, PJD), ils n’ont pas encore fait leur mue. Boycotter les prochaines législatives poussera les partis politiques à se remettre en question.

I : Aucun bilan n’a été tiré du boycott du dernier référendum. Les buts initiaux du référendum ont-ils été atteints ? Le 20 février n’a aucune alternative. Le boycott sans alternative ne sert à rien.

I : Le boycott n’est pas une mauvaise idée tant qu’il n’y a pas de renouvellement de la classe politique. Nous avons besoin de changements structurels (réforme agraire, réforme de l’éducation, la corruption). Cependant, le mouvement du 20 février reste incrédule en voulant tout changer d’un coup. Il nous faut 20 à 40 ans pour opérer ces changements.

I : En comparaison avec les années 80, des choses ont été accomplies. En ce qui concerne les années 90, c’est uniquement grâce à la mondialisation que le pays s’est développé (investissements étrangers). Ce n’est pas grâce aux politiques du Makhzen. Nous avons fait une politique du cliché (plan vert, vision 2010 du tourisme…) qui ne produit pas. Pourquoi participer alors que tout le monde a été coopté par le makhzen ? La campagne pour le référendum a confirmé cela. Il y a même un retour énorme à l’arrière. Dans les années 90, il y avait un véritable climat de transition démocratique. Pas maintenant.

I : Le 20fev et le 9 mars sont les faces d’une même pièce : aucune force de proposition. Le boycott est une chose stupide dans le jeu politique. C’est appuyer les intérêts des partis en place. Par ailleurs, on ne fait jamais de campagne sur un bilan mais sur un programme.

I : le peuple n’est pas souverain. Il y a un quatrième pouvoir : le roi qui prime sur les trois autres, qu’on ne peut pas critiquer car sacré. Le jeu politique est biaisé.  La propagande du makhzen vise à faire croire que le roi est un homme providentiel. Le boycott n’a pas  marché. Il faut adopter une nouvelle stratégie d’opposition.

I : Pourquoi vais-je participer à un vote, si mes élus n’ont pas la possibilité d’appliquer leur programme ? Le jeu est biaisé. Le mouvement du 20 Feb est là pour mettre en en place les conditions élémentaires de démocratie.

I : le peuple n’est pas souverain. Il y a un quatrième pouvoir : le roi qui prime sur les trois autres, qu’on ne peut pas critiquer car sacré. Le jeu politique est biaisé.  La propagande du makhzen vise à faire croire que le roi est un homme providentiel. Le boycott n’a pas  marché. Il faut adopter une nouvelle stratégie d’opposition.

I : Pourquoi vais-je participer à un vote, si mes élus n’ont pas la possibilité d’appliquer leur programme ? Le jeu est biaisé. Le mouvement du 20 Feb est là pour mettre en en place les conditions élémentaires de démocratie.

I : Le Maroc n’est ni un pays progressiste ni un pays démocratique. La constitution, quant à elle, a été vendue comme étant démocratique. Il y aura donc une crise économique et sociale qui aboutira à une crise politique. Le prochain gouvernement ne pourra pas gérer tout ça. Il faut donc le légitimer pour précipiter la crise politique et créer une réelle rupture. Il faut donc voter.

I : Quelle est la différence entre voter et ne pas voter pour arriver à la crise ? À notre échelle, elle est nulle. Il vaut donc mieux rester intègre et boycotter.

I : Deux solutions sont à dégager du débat : continuer le boycott et la contestation dans l’espoir de rallier le plus de gens possible OU voter massivement pour un parti en espérant créer une crise politique.

Enjeux électoraux

I : L’USFP a appelé à un congrès extraordinaire pour se réformer. Le Makhzen veut continuer l’humiliation des partis politiques. Une idée d’une possible réforme en profondeur leur fait peur. Ils précipitent donc les élections.

I : La diversité des partis au gouvernement est malsaine. C’est la même chose dans le 20FEB. Le fonctionnement des partis n’est pas démocratique. Comment peuvent-ils revendiquer la démocratie ?

I : Le makhzen ne cherche pas à décrédibiliser totalement. Il cherche à avancer des partis en tant qu’opposition pour se légitimer.

I : Il y a une classe politique qui profite du système. Le 20 février à libérer la parole et à mis en place les conditions pour une véritable démocratie. Le mouvement du 20 fev doit continuer à exister pour mettre la pression et à obliger les hommes politiques a être redevables, à rendre des comptes et à changer.

I : Il faut s’occuper des infrastructures d’abord. Les investissements prioritaires sont la santé et l’éducation. Le TGV représente 20 ans de budget de santé, et il n’est pas voté par le parlement. Il y a une politique à deux vitesses : la Maroc pour une classe supérieure et le Maroc pour le reste de la population.

I : On a besoin d’un changement dans les institutions. Or, les institutions n’ont pas changé. Il faut une nouvelle élite, de nouveaux partis (de jeunes). On peut voter, moderniser l’Etat, le vote (vote électronique). Le 20FEB avait un calendrier précis. Il faut créer un cadre précis avant d’amorcer le changement : libéralisation des médias, libération des prisonniers politiques.

I : Pourquoi avons-nous un gouvernement d’union nationale alors quand on est pas en temps de crise ? La question du processus électoral essentielle à proportionnelle majoritarisante (Allemagne ou Espagne) à un gouvernement fort qui pourra provoquer une crise politique si ses revendications ne sont pas appliquées.

I : La constitution marocaine est calquée sur la constitution française. Quelques différences : pas de séparation des pouvoirs, le roi remplace le président. On a besoin du roi pour nous guider. Il y a un vide juridique.  (Réponse : le président, lui est ELU).

I : « Le roi doit nous cadrer » a un fond presque fasciste. Toutes les tentatives fascistes ont été menées sur le terrain de l’homme providence. Le roi est-elle la seule personne mature politiquement dans ce pays ?

I : Les revendications du 20 fév dépassent celles de la réforme constitutionnelle. Seulement, le Makhzen a imposé son agenda. Finalement, aucune des revendications du 20 fév n’ont été appliquée (corruption, libération des détenus politiques, liberté d’expression pour les médias..)

I : La politique, ce sont des jeux d’influence, des rapports de force. Il est crédule de penser que la réforme vient de l’intérieur sans pression.

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