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Abdelkrim Al Khatabi

Introduction : une histoire méconnue .

Beaucoup de zones d’ombres subsistent lorsqu’on évoque l’histoire de la guerre du Rif, longtemps négligée dans les manuels scolaires et souvent mal comprise, mal enseignée, mal transmise, que ce soit volontairement, à des fins d’instrumentalisation politique ou involontairement, pas manque de rigueur scientifique. Aussi les interprétations de la révolution politique qui en est résultée sont-elles nombreuses et divergentes. Cependant il est indéniable qu’elle constitue une periode cruciale dans l’histoire nationale mais également l’histoire universelle de la résistance face au colonialisme.

 

Trois figures indéfectibles se démarquent, trois personnages liés par le lien et du sang et de la détermination : Mohamed Ben Abdelkrim , Mhamed Ben Abdelkrim et enfin, Abdelsalam El Khattabi. Les deux derniers sont certes méconnus par la majorité, car l’histoire aime à simplifier en réifiant,  mais leur contribution compte autant que celle de la figure emblématique de Mohamed.  Trois figures,  trois « frères » – Abdelsalam étant leur oncle mais adopté tel un fils par le Qadi Abdelkrim – dont la mission était la libération du territoire tant national (le Maroc) que musulman (dans le cadre du Jihad) de la main des colonisateurs.

 

 

-    Mohamed Ben Abdelkrim (au milieu sur la photographie), leader du mouvement, président de la République du Rif. Né en 1882, à Ajdir dans la tribu berbère des Beni-Ouariaghi, après des études à l’université d’El Karaouine à Fès, il s’installe à Melila où il est successivement cadi (juge musulman), instituteur, interprète (arabe, français et espagnol) et correspondant du Télégraphe du Rif.

 

-    Mhamed Ben Abdelkrim (à droite), le cadet .Ingénieur de formation issu des écoles espagnoles (notamment l’école des mines) il est le plus proche collaborateur et son homme de confiance. Il sera d’ailleurs son délégué général, dirigera l’armée et le gouvernement à ses côtés tout en étant à la tête des délégations qui iront à l’étranger notamment à Londres ou Paris pour des pourparlers. Bien qu’au second plan, il jouera un rôle de premier plan jusqu’à son retour au Maroc puis sa mort 6 mois plus tard.

 

-    Abdel Salam (à gauche), enfin, oncle des deux précédents personnages, il aura pour charge de s’occuper des finances de la république du Rif dont il sera le ministre.

 

 

 

La Guerre du Rif et la révolution politique  (1921-1925)

 

La guerre du Rif aura duré quatre années, quatre longues années où se sont confrontés dans un premier temps Espagnols et tribus rifaines, puis ces dernières contre les forces colonisatrices françaises et espagnoles sous le commandement et de Franco et de Pétain. Abdelkrim, le triumvirat, après la glorieuse bataille d’Anoual, le 20 juillet 1921, réussit à fédérer les tribus rifaines autour d’une institution unique et souveraine : la République confédérée des tribus du Rif. Aussi est-ce une véritable révolution politique dans la mesure où cet Etat légitime et effectif, a permis de centraliser la décision tout en annihilant les anciennes rivalités entre tribut pour rendre la guerre contre le colonisateur plus efficace. Cette expérience inédite demeure souvent mal comprise. La République n’était pas un but en soi mais avant tout un moyen de mener à bien la guerre contre le colonisateur étranger.

 

L’Exil

 

Dans un premier temps, la famille Khattabi fût exilée à l’île de la Réunion où elle passe plus de 10 ans. Toutefois, sur le chemin du retour vers la métropole française, en 1947, la famille s’enfuit en Egypte où elle est accueillie à bras ouverts par le roi Farouk.

L’exil est long, douloureux … mais le triumvirat ne cessera de se battre pour les valeurs de liberté et contre les impérialismes malgré les diverses déceptions, notamment le bombardement du Rif  de 1958/1959 et la réforme constitutionnelle de 1962 promue par Hassan II.

 

Le tragique du retour

Mohamed et Abdel Salam ne retournerons jamais au Maroc, même à titre posthume. Quant à  Mhamed, il décida de rentrer en 1967. Mhamed fût froidement accueilli par les autorités du Royaume puis installé dans une maison, sous liberté surveillé, où il mourra 6 mois plus tard. Son corps sera enterré près de ses proches à Al-Hoceima sur un promontoire qui donne sur la mer, surplombant la baie sublime de la région. Le corps des deux autres figures demeureront au Caire … à défaut d’être rapatriés honorablement.

Þ Trois héros, donc, trois figures qui n’en faisaient qu’une : Abdelkrim, le « précurseur », comme aimait à l’appeler Ho chi Min.

Un commentaire

  1. Où sont les photos ?

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