Abdelkébir Khatibi

août 30, 2011
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Abdelkébir Khatibi est né à El-Jadida le 11 février 1938, le jour même de la fête d’Aid-el-Kébir, ce qui explique le prénom qu’il porte.

Romancier, poète et sociologue de renommée internationale, feu Abdelkébir Khatibi était et est considéré comme un spécialiste de la littérature maghrébine.

Fils d’un imam de mosquée converti au négoce, le jeune Abdelkébir suit ses premiers cours à Marrakech au collège Sidi Mohammed, entre 1950 et 1957. Il obtient son baccalauréat au Lycée Lyautey à Casablanca, avant de poursuivre des études de philosophie à la Sorbonne dans les années 60 pour soutenir la première thèse sur le roman maghrébin.

A cette époque, il adhère au mouvement communiste marocain des étudiants regroupés autour de l’U.N.E.M. et écrit dans le journal El Mokafih (Le Combattant).

De retour au Maroc en 1964, il multiplie les activités : écrivain, chercheur, enseignant, intellectuel engagé dans la politique, le Syndicat de l’Enseignement Supérieur dont il est le fondateur. En parallèle de sa fonction de professeur à l’université Mohammed V de Rabat, il dirige le «Bulletin économique et social du Maroc» devenu «Signes du présent» en 1987.

En 1966, Abdelkébir prend la direction de l’Institut de sociologie de Rabat, puis il publie un essai intitulé Le Roman maghrébin en 1968. En 1969, l’Institut de sociologie est fermé sur ordre des autorités, qui voient d’un mauvais œil son influence sur des étudiants alors résolument dans l’opposition au régime. À la même époque, il quitte le Parti communiste marocain, mais il conserve les liens d’amitié noués au sein du parti.

En 1971, l’homme de lettres fait paraître son premier roman, sous l’impulsion de Maurice Nadeau, La Mémoire tatouée, récit autobiographique qui inaugure une série de livres et d’études dans trois domaines: la littérature proprement dite, la recherche en sciences sociales et la critique d’art. Le roman est salué par Roland Barthes dans un article célèbre : « Ce que je dois à Khatibi » où il rend hommage à l’homme qui saisit « l’autre à partir de notre même ». En 1976, Khatibi rejoint l’Union des écrivains marocains. En 1979, l’érudit arrête d’enseigner pour se consacrer à la recherche et à l’écriture : « J’ai arrêté d’enseigner pour me laisser enseigner par la vie« . Il occupe alors le poste de directeur de l’Institut Universitaire de la Recherche Scientifique de Rabat.

Abdelkébir Khatibi a largement encouragé l’émergence de plusieurs jeunes écrivains marocains. Ses œuvres sont traduites en plusieurs langues et font l’objet de thèses universitaires, d’ouvrages et d’articles publiés dans des revues spécialisées et dans les actes de rencontres scientifiques nationales et internationales. Un patrimoine de nombreux écrits et de plus de 25 œuvres attestent de la capacité de l’homme à allier savoir et savoir-faire.

Ainsi, après une série de romans témoignant de la passion de l’auteur pour l’autre (Amour bilingue (1983), Le Livre du sang (1979), …), Khatibi s’essaie à un ouvrage prémonitoire sur le conflit israélo-palestinien, Si Vomito Blanco est publié en 1974. En 1998, il salue l’arrivée de la gauche à la tête du gouvernement marocain dans son ouvrage L’Alternance et les partis politiques ; le roman ne suscite pas d’adhésion. Khatibi s’intéresse également à la psychanalyse, Le Même Livre (1985) propose ainsi un dialogue avec Jacques Hassoun. Deux intellectuels, l’un de confession juive et l’autre musulmane, cherchent à se connaître et à se reconnaître.

Son œuvre lui a valu de nombreuses distinctions internationales notamment «le prix littéraire de la seconde édition du Festival de Lazio d’Europe et de la Méditerranée», «le Grands prix de l’Académie française» (1994), le «Grand prix du Maroc (1998)», «le prix de l’Afrique méditerranéenne/Maghreb» (2003) et le plus récent «le prix du Grand printemps» de l’Association française «Hommes de lettres» pour l’ensemble de ses œuvres poétiques. Il est devenu ainsi le premier écrivain marocain et arabe, après Honoré de Balzac, Victor Hugo, ou Alexandre Dumas, à décrocher ce prix prestigieux lancé depuis 1838 par les plus belles plumes françaises.

Signe de considération pour l’une des signatures francophones les plus réputées au niveau national, Khatibi bénéficie, suite à son décès en 2009, sur Hautes Instructions Royales, du titre ad vitam aeternam de professeur universitaire à la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université Mohammed V de Rabat.

L’histoire de la vie de Khatibi témoigne d’une polyvalence qui n’affecte en rien la pertinence de ses écrits, ses réflexions et ses opinions. De la société à la politique en passant par la philosophie, l’art, la poésie, le roman… le natif d’El Jadida impressionne par cette grande maîtrise qui en a fait l’un des noms les plus marquants de la scène littéraire marocaine.

Sources : Wikipédia, Encyclopédie Unviversaliswww.eljadida.ma, www.lematin.ma, www.bibliomonde.com

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