Omar Benjelloun

avril 5, 2011
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Co-fondateur du parti de l’Union Nationale des Forces Populaires (UNFP) en 1959, Omar Benjelloun fut le prolongement naturel de Mehdi Ben Barka dans ce parti.

Omar Benjelloun

Omar Benjelloun

C’est en 1936 qu’est née cette figure du militantisme marocain. Omar Benjelloun grandit à Berguent, un village non loin d’Oujda, dans un milieu pauvre. A 10 ans, à peine, sa qualité de meneur lui vaut le surnom d’Omar le Caporal dans la cours de récréation. Il rejoint quelques années plus tard le mouvement de lutte pour l’Independence. Son baccalauréat en poche, le jeune militant s’envole pour Paris où il poursuit, à la fois, des études de droit à la Sorbonne et d’ingénieur à l’école supérieure des télécommunications. Il codirigera, durant cette période, l’Union nationale des Etudiants du Maroc (UNEM).

 

A son retour au pays, en 1960, il occupera le poste de Directeur régional des PTT à Rabat. Son aura et son dynamisme le placent, très vite, en première ligne de son parti et lui confèrent une place prépondérante dans le mouvement syndicaliste. Omar Benjelloun qu’en appelait, alors, la dynamo du parti s’érige en leader charismatique et  proche des bases. Il suscite, déjà, les méfiances du pouvoir.

 

En 1963, l’UNFP est foudroyé par une vague d’arrestations de ses militants. Omar Benjelloun en fait partie. Il est torturé puis condamné à mort aux côtés de Fqih Basri avant d’être gracié en 1965. L’opposant est ensuite muté à Casablanca. Il y subira sa deuxième arrestation en 1968 pour incitation à la grève des étudiants. Il est jugé et condamné à 6 mois de prison ferme. Depuis sa cellule, le militant n’abdiquera pas et engagera une lutte pour la sauvegarde de l’unité et l’indépendance de la classe ouvrière. Il s’acharnera, sans concessions, jusqu’en 1972 à démocratiser l’Union Marocaine du Travail (UMT).Il entamera en parallèle une carrière d’avocat.

 

En 1975, Omar Benjelloun participe à la  création du parti de l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP). Il en rédigera le rapport idéologique qu’il présentera lors du congrès extraordinaire du nouveau parti. Cette même année, Omar Benjelloun devient l’un des dirigeants principaux de l’USFP et le directeur de son journal officiel AL Mouharrir.

 

A l’époque, l’opposant socialiste dérange en plus haut lieu. Son profond attachement à la cause démocratique et sa popularité fulgurante décident le régime, en 1973, à tenter de l’assassiner lorsqu’il reçoit le même colis piégé qui a explosé entre les mains de Mohamed EL Yazghi. Il en échappera miraculeusement. Le 11 décembre 1975, Omar Benjelloun est éliminé par les hommes de la Chabiba Islamiya. Mais ce qui restera comme le deuxième plus grand crime politique dans l’histoire du Maroc, après Ben Barka, a sans doute été commandité par les services secrets de l’époque.

 

Dans son recueil dédié à son grand frère, Abbes Benjelloun dira plusieurs années plus tard que son ainé savait qu’il allait être assassiné. Mais le courage d’Omar Benjelloun demeura inébranlable, jusqu’à sa mort, en témoignage cette phrase du militant : « la terreur ne nous terrorise pas, l’assassinant ne nous extermine pas et la caravane de la libération continue sa route avec détermination ».

 

Bibliographie :

- Telquel Online N°165, Affaire Omar Benjelloun. Le crime aux mille mystères. 2005.

- A omar mon frère d’Abbes Bendjelloun, imprimerie Rabat Net Maroc, 2006.

 

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